Question ouverte: Que pensez vous de ces propos???

Publié le par Pierre Abadie

Question ouverte: Que pensez vous de ces propos???

L'idée que je me fais de la France est trop grande pour qu'elle appartienne à quiconque.

La France
n'appartient à personne.

Elle n'appartient pas à ceux qui la conspuent, pas davantage à ceux qui la caricaturent au travers de son histoire, encore moins à ceux qui assimilent ses erreurs aux crimes du XXème siècle, au mépris de la rigueur qui devrait être au fondement de tout travail historique.

Elle n'appartient pas, la France
, à ceux qui guettent son déclin, s'en réjouissent en silence, attendent son crépuscule, oubliant la capacité séculaire de notre peuple à relever les défis du destin. Pas plus qu'elle n'appartient à ceux qui voudraient croire que tout va bien, que rien ne doit changer, que tout peut rester comme avant.

La
n'appartient pas à ceux qui la voient frileuse, consanguine, repliée sur elle-même, à l'opposé de toutes nos traditions. En voulant à tout prix faire de la révolution française la matrice de tous les totalitarismes, du bonapartisme le prélude de l’hitlérisme, de Vichy le seul visage d'une France xénophobe et raciste, ils attestent de l'exécration qu'ils ont de l’idée de nation.

La France
n'appartient à personne parce qu'elle s'appartient elle-même. Son existence est indépendante des hommes et des femmes qui l'habitent. Elle est au-delà des idéologies. La France est une histoire, un espace, un peuple, une langue, une culture. Mais la est bien plus que cela. Elle est sans doute la nation qui jouit de la plus ancienne conscience d'elle-même.

La France
n'avait rien pour être un ensemble uni et stable. Elle est faite de 100 peuples qui ont chacun leur art de vivre, leur culture et leur langue. Elle est faite de 100 pays qui ont chacun leur paysage, leurs traditions, leur architecture. Du nord au sud, de l'est à l'ouest, "chacun des pays de France a sa façon de naître, de vivre, de mourir".


Et pourtant malgré toutes ces réalités la France
a décidé de vivre ensemble. A chaque période de son histoire, elle a mis ses forces au service de son unité et celle-ci s'est transformée en exceptionnel destin.

Elle a inventé l'Etat pour administrer le royaume et imposer le pouvoir de la monarchie sur les féodalités.

Elle s'est dotée d'une langue, qui deviendra la langue de tous les Français. Il n'est pas un champ de la pensée humaine qui n'ait été exploré au plus haut niveau de l'intelligence par des œuvres écrites en langue française : théologie, histoire, philosophie, sciences humaines, poésie, littérature… Connaître le français, c'est avoir accès à un patrimoine littéraire d'une exceptionnelle densité, à un pan majeur de la culture mondiale. C'est un trésor qu'il ne faut pas assécher en l'entourant de barrières, mais qu'il faut cultiver parce qu'il est une chance pour la
et un besoin pour le monde. Défendre le français est un devoir moral, politique, économique. Nous l'avons reçu en héritage comme une des grandes langues du monde. Nous ne pouvons assister à sa régression sans réagir. Si la ne défend pas le français, personne ne le fera à notre place. Sa disparition de la scène internationale serait une faute pour la et un appauvrissement pour le monde.

La France
a su délaisser la raison d'Etat, découvrir la faculté de raison des individus et reconnaître le droit de tous les Français à participer à la définition du destin de la nation. Elle l'a fondée sur le principe universel selon lequel tout homme est doué de raison. C'est pourquoi sa Révolution a éclairé le monde.

La France
a inventé son idée de la nation en la fondant sur le sentiment d'appartenance plus que sur la naissance. Voici pourquoi je n'accepte pas la théorie du seul droit du sang pour devenir français. Voyez Apollinaire, né d’un père italien et d’une mère polonaise, ayant choisi le français pour langue et la pour patrie, engagé volontaire en 1914 pour défendre un pays qui était le sien par l’amour qu’il lui portait. En , « qui sert bien son pays n’a pas besoin d’aïeux » ! C'est toujours vrai aujourd'hui, mais il convient de ne pas oublier le "qui sert bien son pays". Devenir français c'est aussi accepter des devoirs et des efforts. Il n'y a pas d'intégration sans devoir et sans effort !

A l'heure de la République enfin, la
s'est créé des mythes, des principes et des instruments pour unifier son peuple dans une mémoire et une culture communes. Quand j’étais écolier, nos maîtres nous parlaient de nos ancêtres les Gaulois. Ni les maîtres, ni les élèves n’étaient dupes. Chacun savait bien qu’à , à Nîmes, à Narbonne ou à Perpignan il n’y avait pas eu beaucoup d’ancêtres gaulois. A Oran , à Tunis ou à Dakar encore moins. Mais c’était un acte de foi. On a parfois voulu y voir une forme de négation identitaire, une forme de racisme. Mais le raciste ne s’invente jamais des ancêtres communs avec celui auquel il se prétend supérieur. C'est donc un procès injuste fait à la France.

C'est pour tout cela que la
a autant parlé au monde, autant séduit le monde, autant dérangé aussi le monde. Elle n'a eu de cesse que de proposer un modèle de démocratie que d'autres pays avaient gardé pour eux. Elle s'est érigée en modèle de l'idéal national parce qu'elle était la nation la plus improbable et donc la plus politique.

Or, la
souffre aujourd'hui. La France est couverte de châteaux, d'églises, de demeures qui témoignent de la splendeur de son passé. Elle a ses monuments aux morts, ses champs d'honneur et ses cimetières militaires qui témoignent de son attachement profond à la nation. Elle a toujours son art de vivre, ses traditions populaires. Elle soigne son patrimoine parce qu'elle sait que la diversité n'est pas le contraire de l'unité. Mais elle ne sait plus pourquoi elle est ensemble, ni ce qu'elle a à dire au monde.
C'est bien pourquoi s'impose à nous une formidable exigence :
celle de construire une pensée pour l'avenir, au service d'une nouvelle espérance.

Combien sommes-nous à avoir mal à la France
? La ne cesse de se chercher des occasions d'espérer des "moments pleins d'histoire nationale". Elle ne se trouve que des malheurs. Nous nous désespérons de voir notre pays régresser dans tant de classements internationaux ? Nous enrageons de le voir décrié, dénigré et caricaturé à l'étranger.

Chaque Français entretient un lien intime avec la France
, un lien fait d'héritage familial, d'histoire personnelle, de rencontres, de lectures, de défis qu'il a fallu surmonter, et d'espoirs qui ont été comblés. L'attachement d'un Breton à la France n'est pas nourri des mêmes souvenirs, que celui d'un juif qui s'est caché pour survivre à la Shoah, d'un parisien issu de l'exode rural, d'un descendant de protestant cévenol, d'un fils de Hongrois élevé par un grand-père français. C'est un jardin moitié secret, moitié public, fait de raisons et de sentiments. Mais chaque Français se sent triste, blessé, humilié, en colère, quand la France n'est pas à la hauteur de son passé, quand la France déçoit les espoirs que tant de peuples ont mis en elle, quand la France au fond n'est pas assez la France.

Pour quelques-uns si la France va mal, c'est parce que les nations n'ont plus de rôle, parce que les Etats n'ont plus de pouvoir, parce qu'avec l'Europe c'est devenu dépassé de se sentir français. Pour eux c'est un fait inéluctable qu'il convient de choisir entre patriotisme et ouverture au monde. A leurs yeux la
est condamnée à devenir une province européenne, dans une Europe sans identité, sans frontières, ouverte aux quatre vents de la mondialisation au lieu d'en être un rempart protecteur. Eh bien je n'accepte pas ces fariboles ! Je suis un Européen convaincu mais je ne crois pas à la fin des nations. Je crois au destin de la France.

Plus encore, je crois que les Etats ont du pouvoir et le devoir de l'exercer et de l'incarner.

La France
est pour chacun de nous un repère, une référence et une identité.

La question n'est plus de se battre les armes à la main. La question n'est plus d'être conquérants contre nos voisins, nationalistes contre l'Europe, patriotes contre la mondialisation. La question est de se rassembler, de réunir nos forces pour construire l'avenir, pour redonner à la
son rôle d'exemple. La question est de remettre la France au centre de la démarche européenne et d'inventer le modèle avec lequel nous allons entrer dans le monde nouveau tout en restant fidèles à nos racines.

C'est une époque passionnante en vérité. Une époque où l'histoire peut se remettre en
marche .

Il n'y a pas de fatalité au déclin, il y a seulement les ravages de l'immobilisme. Souvenons-nous combien nous étions exsangues en 18, humiliés en 40, vidés en 45, perdus en 58. A chaque fois, la France s'est redressée parce qu'elle a eu le courage de se regarder en face, de se reprendre en main, de trouver en elle-même les forces de son unité et de sa reconstruction.

Il y a 30 ans. Je regardais mes aînés tout couverts de leur gloire. La politique pour eux s’était confondue avec la Résistance, la France Libre, la Libération. Ils avaient reconstruit la démocratie, la République, l'Etat, l'économie autour du Général de Gaulle. Ils avaient rendu son indépendance à la France
, ils lui avaient évité la guerre civile, ils lui avaient redonné son rang parmi les nations. Ils avaient fait la sécurité sociale, la décolonisation, le marché commun…

Ces hommes, toute leur vie s’étaient battus contre la fatalité et contre le renoncement. Ces hommes de l’histoire, ignorant leur âge, ne voulaient parler que du futur et n’avaient jamais cessé d’enfanter l’avenir.

Pour moi c'est l'immobilisme qui prive la démocratie de son sens. L'immobilisme qui affaiblit la France
. L'immobilisme qui n'est pas la continuité de notre histoire : il est sa négation. L'immobilisme qui discrédite l'Etat. L'immobilisme qui détourne le pouvoir de ce pourquoi il est fait. C'est l'immobilisme qui fabrique de la précarité. C'est le changement qui permettra de construire les nouvelles protections dont les Français ont besoin.

La France a tout pour réussir dans ce monde qui vient. C'est un monde où l'intelligence va dominer, et la
est intensément créative. C'est un monde où l'art de vivre va être recherché : or la n'y a pas son égal. C'est un monde où les peuples vont chercher à concilier identité nationale et valeurs universelles : c'est ce que fait la depuis deux siècles.

Cette France nouvelle, c'est à nous de la vouloir, c'est à nous de la choisir car le monde ne nous attend pas.

Il nous faut affirmer notre fierté d'être français.

On ne bâtit rien sur l'autodénigrement. La France
a autant besoin de se regarder en vérité que de se respecter elle-même. Ce n'est pas incompatible. Je n'ai jamais voulu qu'on jette la pierre aux "déclinologues", car il y a beaucoup plus de respect et d'amour de la France chez ceux qui ont le courage de dire que ça ne va pas bien que chez ceux qui refusent béatement de voir les retards que nous accumulons.

Dans le passé, la fierté d’être français allait de soi. Il est stupéfiant de voir comment une sorte de pensée politiquement correcte, a abouti à laisser à l'extrême droite le monopole de l'usage du mot patrie. Je me sens profondément Français et pourtant je ne me reconnais en rien dans les discours xénophobes, haineux, racistes de tous ces extrémistes qui donnent une bien triste image de notre démocratie.

L’histoire de France, comme
celle de tous les peuples, est faite de gloire et de moments d'ombre, d’actes admirables et de grands crimes. Mais nous avons bâti une nation dont nous n’avons pas à rougir.

La
a créé des souffrances, mais elle n’a enfanté ni Hitler, ni Staline, ni Pol-Pot. Elle a résisté à toutes les tentations totalitaires. Elle n’a rien engendré d’équivalent aux camps d’extermination nazis, au goulag stalinien, ni aux procès de Moscou. Elle n'a envoyé le feu nucléaire sur aucune ville. Pour s'en tenir au XXème siècle, ce n'est déjà pas si mal.

La France
a pratiqué la traite négrière et l’esclavage. C’est une barbarie, un crime contre l’humanité. Mais elle n’a pas été la seule. Faire de l'esclavage l'unique visage de la France, c'est rayer d'un trait tous ceux qui ne l'ont pas pratiqué ou qui se sont élevés contre. Faire de toute la colonisation une entreprise criminelle, c’est commettre une faute à l’égard de la multitude des petites gens qui ont travaillé dur toute leur vie dans les colonies sans jamais exploiter personne ou qui de bonne foi y ont implanté des valeurs auxquelles ils croyaient.

L'histoire de France a des zones d'ombre, mais la
au fond a toujours triomphé du mal. Mieux, elle a reconnu ses erreurs. Nous avons eu raison de reconnaître le rôle de Vichy dans les persécutions nazies et il n'était que temps. Nous avons eu raison d'appeler "guerre" les évènements d'Algérie. Nous avons eu raison de reconnaître la monstruosité de la traite et de l'esclavage.

Ces zones d'ombre cependant ne doivent pas cacher ce qui fait que la
a aussi été une lumière pour les peuples et une fierté pour les Français. Les femmes protestantes enfermées sur ordre du Roi de France à Aigues-Mortes, n’écrivaient pas sur les murs de leur prison : « Mort à la France». Elles écrivaient : « Résistez ! ». Ces Polonais, Arméniens, Espagnols ou Italiens qui prirent les armes de la Résistance, ils n'avaient pas toujours été bien traités par la France, loin de là. Mais pas un instant ils n'hésitèrent, parce qu'ils savaient que la France, "la vraie , la en réserve, la profonde… qui coule selon les pentes propres de son histoire séculaire" était au-delà de ces fièvres passagères.

Il existe aujourd’hui une entreprise de dénigrement systématique de la France, de son histoire, de ses valeurs. Nous assistons à la mise en œuvre d’une pratique délibérée de mise en concurrence des mémoires. Cette entreprise est grave parce que lorsque chacun se trouvera renvoyé dans le regard des autres à ses origines, que restera-t-il alors de l’idée de la nation qui nous rassemble par-delà toutes nos différences, que nous avons mis tant de siècles à bâtir et qui constitue si profondément l'esprit français?

Descendants des Albigeois ; descendants des protestants des Cévennes persécutés par les Dragons du Roi ; descendants des esclaves vendus par les négriers ; descendants des Vendéens massacrés par les colonnes infernales au nom de la Convention ; descendants des petits Alsaciens qu’on traitait de boches dans les écoles françaises à cause de leur accent alors que leurs parents avaient choisi de demeurer français quand l’Alsace était devenue allemande ; fils d’immigrés italiens ou polonais qu’on montrait du doigt dans les cours de récréation mais que leurs parents obligeaient à ne parler que le français ; fils de républicains espagnols que la France a parqués dans des camps de réfugiés ; descendants des juifs arrêtés par la police de Vichy pour être déportés ; fils de rapatriés d’Afrique du Nord qui avaient tout perdu et que la métropole a recueillis sans enthousiasme ; fils de harkis qui ont tout donné à la France et auxquels la France a répondu par l'ingratitude ; aucun, non aucun, n’a oublié. La
ne s’est pas construite sur l’oubli. Mais tous ont eu la volonté de partager la même histoire et de construire un avenir commun parce que la au fond est bien plus que la somme de nos histoires personnelles !

Je
sais que ni vous ni moi aujourd'hui ne ressentons une filiation quelconque avec l'antidreyfusisme ; que ni vous ni moi ne considérons aujourd'hui qu’en 1940 le chemin de l’honneur passait par Vichy plutôt que par Londres. Eh bien c'est cela la fierté d'être français. Il y a eu des traîtres, c'est vrai. Mais à côté d'eux, en même temps qu'eux, il y en a toujours eu, plus nombreux qu'eux, qui "avaient le visage de la " et la mémoire les a honorés comme tels.

Au cours des années récentes, des vertus profondes du peuple français et des piliers séculaires de la
ont été abîmés.

Depuis 25 ans, la
a souvent été prise d'un vertige destructeur.

Abîmé le travail, quand on se satisfait que celui qui travaille gagne moins que celui qui ne travaille pas, quand on préfère partager le travail plutôt que de créer des emplois, quand on promet de la croissance en proposant plus de loisirs.

Abîmés l'économie et l'esprit d'entreprise quand toute réussite est suspectée d'être malhonnête et que celui qui veut entreprendre est incité à n'en rien faire.

Abîmé l'Etat quand on ne sait plus très bien s'il est censé servir l'intérêt général ou les intérêts particuliers.

Abîmé le service public quand il est organisé en fonction de l'intérêt corporatiste d'une minorité syndicale, pas de celui des usagers.

Abîmée l'école quand elle se satisfait de laisser entrer 15% des élèves en sixième sans savoir lire et sortir 20% d'enfants sans diplôme ni qualification.

Abîmée l'université quand un étudiant sur deux échoue au DEUG et que la première université française se classe au 46ème rang mondial.

Abîmée la justice quand elle est pauvre, irresponsable, faible avec les délinquants, distante avec les victimes, cruelle avec les innocents.

Abîmée la liberté quand on n'a plus le droit de rien dire et que celui qui veut travailler plus n'a tout simplement pas le droit de le faire,

Abîmé l'esprit des Lumières quand la société ne reconnaît plus le mérite, mais accorde son indulgence à ceux qui n'en ont aucun.

Abîmée la nation quand elle prend le visage du nationalisme.

Abîmée la politique quand le mensonge l'emporte sur la vérité.
 
Il faut tourner le dos à des pratiques indignes de la république française.

Il faut en finir avec la litanie de ces idées fausses:


Qu’importe ainsi la faillite économique si la politique sociale à l’air d’être généreuse en distribuant des richesses qui n’existent pas !

Qu’importe que l’emploi soit détruit pourvu que l’entreprise paye!

Qu’importe la dévalorisation des diplômes pourvus que la sélection soit interdite !

Qu’importe que des familles entières meurent brûlées vives dans des hôtels sordides pourvus que le droit au regroupement familial ne fasse l’objet d’aucune restriction ! Voici où conduit la fausse générosité.

Qu’importe que tant d’adolescents se livrent à des actes d’une violence inouïe, qu’ils tuent pour un regard ou que le viol à leurs yeux devienne une banalité, pourvu qu'on ne touche pas à l’ordonnance de 1945.


Qu’importent les trafics, l’endoctrinement par des fanatiques religieux, pourvu que le calme règne en surface et que la répression policière soit évitée.

La bonne conscience inspire depuis trente ans des politiques qui n’agissent pas sur les causes et qui se contentent de chercher à rendre supportables les défaillances, les injustices et les inégalités.

Etre fiers d'être français, c'est aussi reconnaître que la a beaucoup changé ces dernières années.

Nous réconcilierons la
avec son temps en rompant avec ce que nous faisons, pas avec ce que nous sommes.


D'où vient la tentation communautarisme qui s'oppose à l'idée même de la nation ?

Ayons le courage de le dire, le communautarisme est le fruit de l'immobilisme et du dénigrement de la France


Mais quand une société renonce à apprendre à ses enfants la politesse, l’honnêteté et le respect, quand une société ne sait plus enseigner Charles Martel, Napoléon, la colonisation, la Shoah, parce qu'elle a honte ou parce qu'elle a peur, quand une société n’ose pas dire à ceux qui haïssent ouvertement sa culture, son mode de vie et ses valeurs que personne ne les empêche de partir, alors c'est un autre repli communautaire qui guette : celui de la majorité silencieuse, celui des Français généreux et accueillants, celui des Français qui ne sont pas racistes, mais qui tiennent au respect de nos principes fondamentaux et à la fierté d'être français.

La fierté de devenir français, c’est ce que nous avons à donner à ceux qui veulent s'intégrer. La fierté de devenir français, c’est tout ce que nous exigeons de ceux qui réclament l’égalité des droits et à qui nous répondons dans le même temps : égalité des devoirs !

On ne bâtira rien sur la haine. Je le dis pour ceux qui professent la détestation de la et qui voudraient en même temps que la leur donne tout. Je le dis aussi pour ceux dont le projet est une autarcique, sans Europe et sans étrangers, une illusoire, à l'opposé de nos traditions et des réalités.

On ne bâtira rien non plus sur l'immobilisme et l'invocation des grands principes. L'insertion des populations issues de l'immigration récente est sans doute la question la plus difficile que nous ayons à résoudre.

Il ne faut transiger sur aucun de nos principes fondamentaux, ni sur la laïcité, ni sur l’égalité des hommes et des femmes, ni sur l’obligation scolaire, ni sur l’égalité des droits et la liberté de conscience. Il ne faut tolérer ni l'excision, ni le mariage forcé, ni la polygamie. Soit parce que ces principes sont intrinsèquement constitutifs de l'identité française, soit parce qu'ils sont tout simplement universels.

L’égalité ce n’est pas donner la même chose à tout le monde, c’est donner à chacun ce qui lui est nécessaire pour développer ses talents et pour préserver sa dignité. La fraternité ce n’est pas que l’amour de l’humanité en général, c’est avant tout la solidarité concrète avec ceux auxquels la vie a réservé un sort plus difficile, les proscrits, les exclus, les laissés pour compte.

Nous ne porterons pas atteinte à nos principes fondamentaux en donnant plus à ceux qui ont moins, en compensant des handicaps que nul ne peut surmonter par ses propres moyens. L’égalité des chances est à ce prix. La République l’a toujours fait : pour les élèves méritants dont les parents n’avaient pas les moyens de payer les études, pour les territoires défavorisés, pour les rapatriés d’Algérie, pour les personnes handicapées…

Nous avons une responsabilité immense.

Dans le monde tel qu'il se présente aujourd'hui, Nous devons construire une nation fraternelle en regardant la réalité telle qu'elle est. Fraternelle, parce que sans la fraternité la
serait incapable de surmonter ses divisions et deviendrait méconnaissable aux yeux du monde. La telle qu’elle a toujours été ou rêvée d’être n’existerait plus. Réaliste, parce qu’à se réfugier dans les illusions d’une grandeur révolue ou les promesses mirobolantes d’une « autre logique économique », la France se condamnerait à l'isolement et à la misère et par conséquent au déclin et à l'affrontement.

Nous devons construire une République assez forte en elle-même pour n’avoir peur ni de la diversité, ni de la décentralisation, ni de l’ouverture au monde.

Nous devons construire une société ouverte, généreuse et en même temps ferme sur ses valeurs les plus essentielles. Une société où la promotion sociale remplacera le nivellement, où le mérite tiendra tête à notre tentation égalitariste, où la réussite ne sera plus un défaut mais deviendra un exemple.

Le « non » du 29 mai est le même que celui du 21 avril, le même que celui du CPE. Il s’agit de le comprendre. De comprendre ce qu’il recèle d’angoisse et de manque d’espérance, de sentiment d’avoir perdu la maîtrise de son propre destin.

Le « non » dans l’histoire est toujours l’expression ultime de la liberté pour tous ceux qui se sentent dépossédés de leur avenir. Cette France du « non », cette France qui de scrutin en scrutin proteste toujours davantage et qui est convaincue qu’elle ne peut plus se faire entendre qu’en votant pour les extrêmes quand elle n’a pas purement et simplement renoncé à voter, cette France qui à force d’être ignorée et méprisée a fini par devenir majoritaire, nous devons lui répondre.

Nous ne ferons pas la France
sans les Français, ni a fortiori contre eux. 

Il faut construire la 
France de demain, celle du siècle à venir, celle que nous laisserons à nos enfants. Il nous faut nous mettre au travail, trouver les moyens de faire notre chemin dans un monde difficile en restant fidèles à nos valeurs éternelles. Il nous faut créer plus de richesse et être justes. Il nous faut restaurer l'autorité et être tolérants. Il nous faut être fermes et accueillants. Il faut offrir aux Français une vie meilleure, et leur rendre confiance dans l'avenir. Tout cela le génie de notre peuple l'a fait dans le passé. Ce génie, il est resté intact, il n'attend qu'une chose : qu'on le laisse s'exprimer.

Il faut croire à cet idéal qui nous rassemble et qui porte un nom : la France
! 

 

 

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LX 02/09/2006 20:10

Puissent les francais te lire (jusqu'au bout), te comprendre, et te suivre jusqu'aux prochaines elections!